Des points de collecte débordants et des importations de déchets depuis l'étranger – ce qui caractérisait Majorque il y a encore quelques années appartient de plus en plus au passé. Chacun peut contribuer à une île propre et durable.
Ouvrir le couvercle et jeter ses déchets dans la poubelle ? Ce n’est plus aussi simple que cela à Majorque. Ce qui compte, c’est ce que l’on y met. Le tri sélectif est une contribution essentielle à la protection de l’environnement. L’objectif de durabilité ne cesse de gagner du terrain sur l’île. Nous pouvons tous y participer.
La durabilité commence au sein même des foyers
Même si le tri sélectif n’est pas encore assuré directement en porte-à-porte dans toutes les localités et communes, il convient de trier les déchets de base que sont le plastique, les déchets organiques et le papier. Il existe désormais 62 « puntos verdes » répartis sur toute l’île. Dans ces points de collecte appelés « points verts », chaque type de déchet est éliminé conformément aux règles. Rien que l’année dernière, des citoyens soucieux de l’environnement ont apporté 32,5 tonnes de papier, 18,8 tonnes d’emballages et près de 30 tonnes de verre aux centres de collecte. Les déchets organiques représentaient quant à eux plus de 25 tonnes. À l’avenir, ce volume devrait diminuer, du moins au niveau des points de collecte. En effet, de plus en plus de communes organisent désormais la collecte porte-à-porte des déchets organiques. C’est actuellement le cas dans 38 communes de l’île. Tout doit partir – mais en toute sécurité
Revenons aux « puntos verdes » : outre les déchets habituels, le personnel des « puntos verdes » accepte également des déchets spécifiques : par exemple, les vieux appareils électriques, les piles ou l’huile usagée. Il n’y a rien ici qui ne soit traité et éliminé de manière durable. Chaque type de déchet dispose de sa propre zone, où il est stocké en toute sécurité avant d’être éliminé dans les règles de l’art.
La gestion des déchets est régie par le « Pla Director Sectorial de Residus no perillosos de Mallorca », un plan général de gestion des déchets. Ce terme souligne l’importance de la gestion des déchets sur l’île. Le plan lui-même comporte des projets d’envergure : l’un des points centraux concerne la gestion future du verre. Une consigne sur le verre devrait voir le jour
Le Conseil insulaire travaille actuellement à la mise en place d’un système de consigne pour les bouteilles en verre. Pour pouvoir le mettre en œuvre, il faudra, entre autres, construire une installation de nettoyage des emballages vides. Comme l’a expliqué Sandra Espejo, adjointe chargée de l’environnement, un terrain adapté a déjà été sélectionné. Il faut désormais régler la question des coûts de construction. Ceux-ci devront soit provenir de fonds publics, soit – ce que le Conseil insulaire préférerait – être financés par un investisseur privé. Il faudra encore un certain temps avant que tout ne soit définitivement réglé. C’est pourquoi il vaut mieux apporter le verre au point vert le plus proche. Comment me débarrasser de mes déchets verts ?
Alors que la consigne en est encore au stade des projets, l’élimination dans les règles de l’art des déchets végétaux est depuis longtemps une réalité. En règle générale, les déchets de jardin ne peuvent pas être simplement jetés dans la première benne à ordures venue à Majorque, et les résidus de palmiers sont soumis à des restrictions strictes.
Les jardiniers amateurs devraient s’abstenir de brûler les déchets de taille en automne et en hiver. Non seulement ces innombrables feux contribuent régulièrement à la pollution de l’air sur l’île, mais ils faussent également considérablement le bilan carbone. Il est donc préférable de procéder à une élimination appropriée et durable des déchets verts.
Fabriquer soi-même de l’humus
Les composteurs constituent une solution judicieuse. Les bacs en métal ou en plastique sont les plus adaptés, car le bois pourrit facilement. Les composteurs en plastique ont l’avantage de pouvoir s’intégrer même dans les petits jardins et de permettre au compost de mûrir plus rapidement grâce à la production de chaleur régulière qu’ils génèrent.
L'emplacement idéal pour un composteur est à mi-ombre, de préférence dans un coin pas trop à l'abri du vent. Il faut remuer le compost tous les trois mois. Chaque couche doit avoir une épaisseur d'environ 20 centimètres. Au bout de sept mois, le compost atteint son stade de maturation optimal et peut être utilisé comme humus sain.
Attention aux déchets de palmiers
En cas de quantités importantes de déchets de taille et de végétaux, les communes viennent une fois de plus à la rescousse grâce à leurs « puntos verdes ». Les déchets de jardin y sont acceptés gratuitement. À l’exception des palmiers et des résidus de palmiers. À Majorque, ceux-ci doivent être éliminés de manière appropriée. La raison en est le danger représenté par le charançon du palmier. Il s’agit d’éviter que ce ravageur ne se propage de manière incontrôlée. Les règles varient d’une commune à l’autre. Il est donc conseillé de se renseigner au préalable à la mairie.
Certaines communes collectent les résidus de palmiers dans des sacs prévus à cet effet, sur rendez-vous préalable. Il existe des exceptions pour le genre de palmier Phoenix canariensis : il doit être certifié exempt d’infestation. Le genre Washingtonia, en revanche, ne pose aucun problème, qu’il soit infesté ou non.
Les déchets de palmiers doivent être regroupés en fagots d’un mètre et solidement attachés. Dans le cas de palmiers infestés par des ravageurs, il est recommandé de placer les résidus dans des sacs en plastique résistants à la déchirure et hermétiques, puis de les stocker en toute sécurité. Il est possible d’éliminer soi-même les restes de palmiers infestés et de les transporter jusqu’à l’usine d’incinération de Son Reus. Cette opération doit toutefois être déclarée auprès du ministère de l’Environnement et approuvée par celui-ci. Il faut d’ailleurs également indiquer l’emplacement exact du palmier concerné à l’aide de données GPS.
Marc Fischer