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Nouveau plan d'aménagement du territoire de Majorque : mettre un frein à la spéculation immobilière

Neuer Raumordnungsplan Mallorca - Der Immobilienspekulation einen Riegel vorschieben
Nouveau plan d'aménagement du territoire de Majorque : mettre un frein à la spéculation immobilière ?

Le Parlement des Baléares a adopté un nouveau plan d'aménagement du territoire qui restreint encore davantage l'urbanisation des terrains situés en dehors des zones urbaines.

Dans pratiquement aucune autre région d’Espagne, la demande de terrains à bâtir n’a connu une croissance aussi forte au cours des deux dernières années, malgré la crise du coronavirus, qu’aux Baléares, et plus particulièrement à Majorque.

Outre l’augmentation naturelle des besoins en logements de la population locale, cela s’explique surtout par l’intérêt croissant des investisseurs étrangersinvestisseurs étrangers, qui, en période d’incertitude économique, recherchent de plus en plus un placement sûr. Et comme chacun sait, l’immobilier à Majorque en fait partie. Notamment sous la forme de constructions neuves de luxe, telles que des maisons individuelles ou des villas situées en dehors des villes et des agglomérations.

Le plan d’aménagement du territoire qui entrera prochainement en vigueur dans les Baléares vise donc à renforcer les restrictions existantes en matière d’autorisation des projets de construction privés dans les zones périphériques. Le plan actuel prévoyait une croissance démographique annuelle de 5,4 %. Avec la nouvelle version, celle-ci sera limitée à 3,2 %.

Fin du « Monopoly »

L’une des modifications peut-être les plus importantes du nouveau « Plan Territorial » des Baléares est la suppression des « Aereas de transición ». Il s’agit d’une sorte de liste d’attente pour la propriété foncière sur les îles, dont les terrains pourraient être classés comme terrains à bâtir dans un avenir proche.

Par le passé, ce registre avait souvent conduit des spéculateurs à racheter, pour une bouchée de pain, les parcelles répertoriées comme « Areas de transición » dans le plan d’aménagement du territoire — dans l’espoir, voire la certitude, qu’elles se transformeraient dans un avenir proche en terrains à bâtir rentables.

À l’avenir, la décision concernant le moment et le lieu où de nouvelles zones constructibles pourraient éventuellement être désignées, par exemple sous la forme de lotissements situés en dehors des agglomérations (Urbanizaciones), sans qu’une telle annonce publique préalable soit nécessaire de la part des communes concernées, mais en concertation avec le service régional de l’urbanisme du Conseil insulaire de Majorque.

L’objectif est de mettre un frein supplémentaire à la spéculation immobilière, qui reste très répandue, a déclaré un porte-parole du Conseil insulaire lors de la présentation du nouveau plan d’aménagement du territoire à la fin de l’année dernière.

La construction de nouvelles villas individuelles sera limitée

Il en va de même pour la construction de nouvelles villas individuelles ou de maisons individuelles d’une surface habitable supérieure à 150 mètres carrés dans les zones rurales, le plan d’aménagement du territoire présenté impose de nouvelles restrictions. À l’avenir, ce type de biens immobiliers ne pourra être construit que dans des zones dont la « densité de population » est d’au moins 40 habitants par hectare. Dans les zones moins peuplées, seules des lotissements de maisons mitoyennes pouvant accueillir un plus grand nombre de personnes pourront être construits, si tant est que cela soit autorisé.

Une croissance démographique variable selon les communes

Le nouveau plan d’aménagement du territoire prévoit une augmentation maximale de 700 hectares des terrains constructibles (suelo urbanizable) à Majorque au cours des deux prochaines années. Mais cela ne concernera pas toute l’île. La désignation des zones constructibles se concentre principalement sur les communes de Palma et de Llucmajor, la plus grande commune de Majorque en termes de superficie. Dans d’autres communes telles que Pollensa, Sóller, Manacor ou Sóller, le nouveau plan d’aménagement du territoire limite l’extension des zones constructibles.

Flou quant à l’extension des zones d’activité

En revanche, le plan n’apporte que peu, voire aucune clarté quant au développement et à l’extension futurs en vue de la construction de nouvelles zones industrielles ou d’infrastructures publiques de grande envergure, telles que des parcs solaires destinés à la production d’électricité durable.  Le gouvernement régional prévoit de présenter ces éléments dans les mois à venir.

Confusion concernant la croissance démographique

Lors de la présentation du nouveau plan d’aménagement du territoire, des associations régionales de protection de l’environnement, telles que GOB, ont critiqué l’hypothèse apparemment « détachée de la réalité » des prévisions de croissance démographique et touristique établies par le gouvernement régional pour les Baléares. Selon les derniers projets, ce chiffre devrait être limité, dans le but de réduire la consommation de ressources telles que l’eau, l’électricité et le traitement des déchets, pour passer de quatre millions actuellement à un maximum de 1,6 million. « Rien qu’à Majorque, le nombre de consommateurs locaux et étrangers présents simultanément sur l’île aux heures de pointe pendant la haute saison estivale s’élevait à plus de deux millions. Pour respecter les objectifs fixés par le gouvernement régional pour les deux prochaines années, il faudrait réduire de plus de la moitié le nombre de hébergements touristiques sur l’île", a expliqué un porte-parole du GOB. Toute autre mesure ne serait que de la poudre aux yeux.

Néanmoins, tant les voyagistes étrangers que les représentants du secteur touristique local ont salué les derniers projets du Govern Balear visant à limiter les nouveaux projets de construction sur les îles.

Outre le plan d’aménagement du territoire, la présidente du gouvernement régional, Francina Armengol (parti socialiste PSOE), a également présenté mi-janvier une nouvelle loi sur le tourisme qui mise également sur une plus grande durabilité dans le secteur touristique régional afin de réduire la consommation des ressources.

Ce sont surtout les entreprises hôtelières des îles qui sont mises à contribution pour la mise en œuvre de ces nouvelles dispositions. En contrepartie, elles sont autorisées à augmenter leur capacité d’accueil de 300 000 lits au total. La Fédération des hôteliers de Majorque (FEHM) a salué le projet de loi présenté, mais a demandé un délai suffisant pour pouvoir mettre en œuvre les changements et les exigences requis.

 

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