Évolution des prix à Majorque : il reste difficile, à Majorque, d'évaluer les prix de l'immobilier en fonction de la taille et de l'emplacement. Cela n’entame en rien la demande croissante.
Tout commence par la définition même du terme. À Majorque, tous les biens immobiliers ne se valent pas. Le secteur fait ainsi la distinction entre le marché immobilier résidentiel local et le marché des locations de vacances, principalement fréquenté par les étrangers. Tout comme les attentes de leurs propriétaires, les différences en termes d’emplacement, d’équipements et, bien sûr, de prix entre ces deux types de biens immobiliers sont souvent considérables.
Pourtant, sur le marché des résidences secondaires en particulier, il est pratiquement impossible d’évaluer le prix en fonction du type, de la taille ou de l’équipement du bien immobilier.
Une maison individuelle offrant une vue imprenable sur la mer peut coûter deux fois plus cher que la maison voisine identique, dont la vue est obstruée – ne serait-ce que partiellement – par un bien immobilier situé devant. Bienvenue à Majorque !
Le prix joue néanmoins un rôle non négligeable dans la décision d’achat. C’est pourquoi l’agence immobilière « Porta Mallorquina » confie depuis plusieurs années au prestigieux institut STI Center for Real Estate Studies l’analyse approfondie du marché immobilier de vacances à Majorque
Statistiques – 2018 STI CENTER OF REAL ESTATE STUDIES (CRES) / PORTA MALLORQUINA REAL ESTATE
Dans le cadre de cette étude, environ 4 500 biens immobiliers proposés par les cinq agences immobilières « leaders du marché » de l’île ont été passés au crible. Plusieurs critères de sélection ont en outre été appliqués lors du choix des biens immobiliers pour l’étude. En effet, l’offre en nombre de biens peut facilement être surestimée si l’on additionne approximativement les chiffres fournis par les différentes agences immobilières. Sur le marché de Majorque, où les agents immobiliers sont nombreux, il peut arriver qu’un même bien soit proposé par plusieurs agences – parfois même avec des informations différentes.
Hausse moyenne des prix d’environ 12 %
Comme l’année précédente, la tendance à la hausse des prix de l’immobilier se poursuit à Majorque. Dans l’ensemble des régions, les prix ont augmenté d’environ 12 %. Alors que 8 régions sur 9 ont à nouveau enregistré une hausse par rapport à l’année précédente, la moitié d’entre elles affichent même des hausses à deux chiffres.
Alors que le sud-ouest figurait traditionnellement parmi les régions les plus prisées, les hausses de prix sont cette année particulièrement marquées dans la périphérie de Palma. Dans ces deux régions, les prix habituels des biens immobiliers se situent autour de 6 300 euros le mètre carré. Il est désormais rare d’y trouver des résidences secondaires à moins de 4 500 euros le m², et les prix avoisinant les 8 000 euros le m² ne sont plus une exception.
Environ la moitié de ces prix sont pratiqués – là encore avec une forte tendance à la hausse – dans le sud et au centre de l’île. Les prix au mètre carré habituels se situent ici autour de 3 000 euros et dépassent même parfois les 4 000 euros.
Nouvelle construction vs. bien immobilier existant
Cette année, l’accent a été mis tout particulièrement sur les biens neufs. Avec une part de 8,5 % du marché global, les constructions neuves représentent près d’un bien de vacances sur dix. Le prix moyen dans ce segment, qui s’élève à 6 607 euros par mètre carré, est supérieur d’environ 35 % à celui de biens existants comparables.
Ici aussi, on observe de très fortes disparités régionales et une concentration encore plus marquée sur les régions phares, en particulier le sud-ouest. En effet, plus encore que parmi les biens existants, plus d’un tiers de tous les biens neufs se concentrent dans cette région.
La situation est similaire dans le nord et le nord-est de Majorque. „Comme il y a de moins en moins de terrains adaptés à la construction neuve sur le marché, la demande et, par conséquent, le prix des biens immobiliers existants ont grimpé en flèche“, explique Michaela Unruh, de l’agence immobilière « ImmobilienArta » à Artà.
« Nous nous réjouissons que la demande de notre clientèle internationale ne se concentre pas sur des types de biens immobiliers ou des segments de prix spécifiques, mais qu’elle soit forte et se traduise par des achats dans tous les secteurs », déclare Lutz Minkner, de l’agence « Minkner & Partner » à Santa Ponsa. Au sein de son entreprise, la fourchette des ventes s’est située ces derniers mois entre un appartement à 300 000 euros et une villa de luxe à 14 millions d’euros. M. Minkner estime le prix d’achat moyen à 1,2 million d’euros.
« L’intérêt s’est principalement porté sur les constructions neuves (tant pour les appartements que pour les villas). Pendant les années de crise, il n’y a pratiquement pas eu de nouvelles constructions ; la demande en biens immobiliers neufs et de qualité est donc aujourd’hui très forte », explique M. Minkner.
« Les biens immobiliers existants affichent des prix stables et peuvent constituer un placement financier pérenne s’ils sont achetés à un bon prix », estime Wolfgang Pegels, de « Pegels & Partner“ à Cala d‘Or.
La demande augmente au centre de l’île
Selon une étude immobilière, environ un tiers de l’offre totale de maisons de vacances se concentre dans le sud-ouest de Majorque. Cette année, ce sont toutefois surtout les régions du centre de l’île qui enregistrent des hausses, signe que les amateurs de la Majorque rustique et rurale ont retrouvé un marché.
Le nombre croissant de touristes sportifs, tels que les cyclistes ou les randonneurs, semble également continuer à stimuler la demande dans cette région.
Andreas John